Les idées qui peuvent détruire le monde… ou pas #2 : La réalité virtuelle

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La réalité virtuelle est de plus en plus présente. Elle me fait rêver et j’ai hâte de tester le jeu de simulation spatiale Star Citizen avec des occlus rift (photo ci-dessus). Mais quand mon enthousiasme s’atténue, une autre facette de la réalité virtuelle se dessine, et, comme souvent, elle n’est pas très joyeuse.

Les domaines d’applications de la réalité virtuelle ne sont limités que par la créativité des éditeurs de programme et des utilisateurs. Toujours prête à sauter sur de nouveaux concepts, l’industrie du sexe s’est très vite intéressée à ce sujet.  Brian Shuster, créateur du monde virtuelle Utherverse, développe une expérience de sexe virtuel à l’aide de lunettes occlus rift et de le leap motion (qui capte les mouvement de mains de manière très précise pour piloter un ordinateur). Quand on voit les réactions de ces testeurs face aux prémices du porno virtuel dans la vidéo ci-dessous (en anglais), cela laisse perplexe :

Ces réactions ne sont pas sans rappeler le film « Demolition Man » où le personnage de Sandra Bullock propose une sieste crapuleuse à Sylvester Stallone. Mais pas question de relation physique entre les humains dans ce monde futuriste ultra-policé. C’est à travers un casque de réalité virtuelle que Sylvester pourra toucher Sandra… ce qui le frustrera (et on le comprend !)

Dans un tout autre domaine, la société Widerun propose de faire du sport comme jamais. Pas d’activités extrêmes, mais plutôt des salles de gym high-tech où le participant pourra chevaucher fièrement son vélo d’appartement et, bardé d’un casque de réalité virtuelle, se baladera dans des provinces imaginaires comme celles du jeu Skyrim. Encore une fois, la science-fiction nous a déjà décrit ce scénario, mais ne l’a pas rendu très attractif !  L’un des épisodes de la série « Black Mirror » décrit une dystopie où les humains passent leur journée à gagner leur vie et pédalent sur des vélos pour créer de l’énergie. Pour agrémenter leur journée, ils ont accès a des grands écrans face à eux où défilent des décors variés.

Troisième exemple dans cette liste non exhaustive : les jeux vidéo. Ils sont par essence une réalité virtuelle dans laquelle le joueur s’immerge. Sauf qu’actuellement, l’interface est encore « archaïque » et le joueur doit utiliser des manettes. Mais l’arrivée de l’occlus rift et d’autres technologies change la donne. Déjà, nombre de jeux sont adaptés pour ces supports et les retours  sont impressionnants, comme dans ce test du jeu « Aliens isolation » (en anglais, mais les cris des joueurs sont parlants !).

Dans la science-fiction, la réalité virtuelle associée au jeu vidéo a été souvent une source d’inspiration, comme dans « eXistenZ » de David Cronenberg où des joueurs (et même le spectateur) ne font plus la différence entre réel et virtuel.

Est-ce que la réalité virtuelle deviendra à la façon de « Démolition man », un exutoire pour permettre un eugénisme sur les futurs humains ? Deviendra-t-elle une nouvelle méthode pour occuper le plus grand nombre et lui éviter de réfléchir comme dans « Black mirror »? Où est-ce qu’à la manière d' »eXistenZ », le virtuel et le réel se rejoindront au point d’être indissociables ?

Alors pourquoi la réalité virtuelle peut-elle détruire le monde ?

Notre société est complexe. Notre espèce a pour nature de régler les conflits par la force. Comprendre les différences pour travailler ensemble est une démarche plus difficile et n’est pas innée.

Aujourd’hui, la virtualité d’Internet exacerbe notre nature profonde. Bien que nous nous soyons connectés au monde, nous sommes seuls et en sécurité derrière notre écran. Et déjà, certains, se sentant intouchables, abandonnent petit à petit les codes et les usages de la vie en société.

Alors qu’adviendra-t-il dans une réalité virtuelle qui permettrait de mettre totalement de côté son être réel pour devenir pleinement son avatar ? L’abandon de toutes ses responsabilités pour un monde plus simple ?

Nous somme encore dans l’apprentissage de cette nouvelle vie numérique. Mais nouvelle vie ne veut pas dire repartir de zéro en faisant fi de l’expérience jusque-là accumulée. Les règles de vie en société devront être transposées sur les mondes virtuels sous peine de faire de ces derniers des univers où l’altruisme, la compassion et l’éducation seront perdus.

 

 

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